Note sur la présence de vieilles chansons dans le cinéma de genre.
La musique rétro est un trope courant dans le cinéma moderne d'horreur et d'épouvante, du gramophone poussiéreux au vieux tube qui crépite à la radio. Ces vieilleries fonctionnent à la fois par leur incongruité et par leur charge nostalgique.
Pour Neil Lerner dans Music in the Horror Film: Listening to Fear (2010), cette pratique ne tient pas d'une spécificité musicale mais plutôt d'un travail de recontextualisation, généralement surprenante. La vielle chanson peut alors sembler totalement aléatoire, non séquentielle ou triviale, mais une fois bien utilisée sa signification change de façon irréversible.
L'inclusion de vieux standards ou classiques populaires rappelle un souvenir autrefois réconfortant, prenant une coloration sinistre par son retour dans un temps et un lieu où ils n'appartiennent plus, théâtre d'évènements inquiétants. Perturbant ainsi toute association agréable qu’ils pouvaient contenir.
Exemples dans An American Werewolf in London (John Landis, 1981) et Halloween II (Rick Rosenthal, 1981) :
Intradiégétiques, les vieux enregistrements soulignent l'ancienneté d'un danger ou d'un mal, voire selon les situations le caractère pérenne ou cyclique de leur présence.
Comme dans The Shining (Stanley Kubrick, 1980), Final Destination (James Wong, 2000) ou Jeepers Creepers (Victor Salva, 2001) :
Fréquemment des morceaux initialement désinvoltes ou fantaisistes évoquent en sous-texte les évènements ou le cadre du récit, et offrent ainsi un contrepoint tonal ironique à son surréalisme ou à sa violence.
Ici pour Gremlins (Joe Dante, 1984), A Nightmare on Elm Street 2 (Jack Sholder, 1985), Insidious (James Wan, 2010), American Horror Story (Ryan Murphy, 2011) et Get Out (Jordan Peele, 2017) :
Sources / pour aller plus loin :
Joe Sommerlad, The Strange Potency of Old Songs in Horror Movies (2015)
Henry Boon, How wholesome songs become horrifying through cinema (2022)

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